« Vous me le [le monde] décrivez et vous m’apprenez à le classer. Vous énumérez ses lois et dans ma soif de savoir je consens qu’elles soient vraies. Vous démontez son mécanisme et mon espoir s’accroît. Au terme dernier, vous m’apprenez que cet univers prestigieux et bariolé se réduit a l’atome et que l’atome lui-même se réduit a l’électron. Tout ceci est bon et j’attends que vous continuiez. Mais vous me parlez d’un invisible système planétaire ou des électrons gravitent autour d’un noyau. Vous m’expliquez ce monde avec une image. Je reconnais alors que vous en êtes venus a la poésie : je ne connaîtrai jamais. Ai-je le temps de m’en indigner? Vous avez déjà changé de théorie. Ainsi cette science qui devait tout m’apprendre finit dans l’hypothèse, cette lucidité sombre dans la métaphore, cette incertitude se résout en œuvre d’art. Qu’avais-je besoin de tant d’effort? (…) Étranger à moi-même et à ce monde, armé pour tout secours d’une pensée qui se nie elle-même dès qu’elle affirme, quelle est cette condition où je ne puis avoir la paix qu’en refusant de savoir et de vivre, où l’appétit de conquête se heurte à des murs qui défient ses assauts? Vouloir, c’est susciter les paradoxes. »Le mythe de Sisyphe, Albert Camus.
Je me retrouve maintenant devant cet écran, fatigué, lessivé mais tellement riche en expériences. Je ne vous raconterais pas mon séjour (entièrement) dans la région de Québec mais je peux vous dire que les paysages sont à couper le souffle au sommet du Mont St-Anne. J’en suis resté tout baba.
(Ça valait les deux heures de redonnée pédestre à travers les racines d’arbres, les pierres et la boue, sans oublier les ruisseaux que vous remarquez (inévitablement) à la dernière minute (et donc quand vos bas sont mouillés).)
Quoiqu’il en soit, j’ai aussi découvert un village canin, principalement des chiens nordiques, au sommet de la montagne; là-bas j’ai fait la rencontre de Torgal, Anuk, Bouboule, Véga, Suzy, Brandy et mon préféré, le redoutable Chico, un husky malamute, qui ne se laisse pas imposé.
Je reviens donc avec beaucoup de cernes autour des yeux, attribuable à un chat abandonné qui n’arrêtait pas de miaulait pendant la nuit, mais avec beaucoup d’images dans la tête et aussi sur mon numérique. Je vous présenterais quelques unes au cours des semaines à venir. Malheureusement, aucun feu lors de ces deux nuits a cause du mauvais temps, mais, hier, nous sommes aller nous réchauffer au cœur de la veille capitale; Chez Dagobert, pour être exact. Une soirée mémorable!
Bref, l’été 2007 se termine, pour moi, en beauté et je vous souhaite la même chose.
« Chaque fois que la douleur
(me) plie je plie.
Peur de me rompre.
Faire la morte. »Geste, Anne-Marie Alonzo