11.7.07

Chair

(c)Audrey Colonna

Il souffle du vide, lui, la bête des airs, la bête de chair. Bête de foire. Il souffle du vide, lui, la prison de chairs. Ou la chair de prisonnier. Chair à canons. Il veut sortir. Hors de lui. Hors de sa chair a lui. Il a la solitude en-dessous, là, sous cette chair, vous voyez comment qu’il s’arrache la peau, déchire ses cheveux? Le sang c’est rien, regardez bon dieu, sentez surtout, ça sent la mort. Cette chair mortelle. C’est elle, là, qui traîne à ses pieds.

C’est le mal de vivre. Le mal être. Il se ronge les doigts, mange sa chair, et éjacule noir dans ce petit cahier qu’il défend coûte que coûte. Il l’a décoré de sa chair. On dirait un animal sauvage. Il est dans sa grotte, là, courbé, plié, en deux, en quatre, le corps désarticulé, il marche parmi des laideurs écoeurantes qui vous donne la nausée. Il marche vers vous, sa chair entre les dents, il vous la tend, comme un chien, il vous en nourris, vous bourre la bouche de cette chair qu’il avait, cette prison de chair, cette chair de prisonnier. Ça vous étouffe. Ça vous tue. Sa chair. Sa chair à lui. La bête des airs. La bête de chair.