
(c)Audrey Colonna
C’est le mal de vivre. Le mal être. Il se ronge les doigts, mange sa chair, et éjacule noir dans ce petit cahier qu’il défend coûte que coûte. Il l’a décoré de sa chair. On dirait un animal sauvage. Il est dans sa grotte, là, courbé, plié, en deux, en quatre, le corps désarticulé, il marche parmi des laideurs écoeurantes qui vous donne la nausée. Il marche vers vous, sa chair entre les dents, il vous la tend, comme un chien, il vous en nourris, vous bourre la bouche de cette chair qu’il avait, cette prison de chair, cette chair de prisonnier. Ça vous étouffe. Ça vous tue. Sa chair. Sa chair à lui. La bête des airs. La bête de chair.